Jean-Noël Rey

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Un fonds pour mues économiques

Les nouvelles conditions de l'économie ont changé la donne des mutations industrielles qui autrefois se déroulait sur la durée et aujourd'hui, ne laissent plus le temps aux régions et aux personnes de s'adapter dans la dignité, la continuité, le respect des gens et des objectifs d'un développement économique durable. La formation continue est sans doute essentielle, mais pas suffisante. La flexibilité du marché du travail est un fait acquis dans notre pays. A trop vouloir en user, on risque de mettre en cause la paix du travail qui est à la base de la prospérité du pays! Grâce aux conventions collectives de travail, les syndicats ont arraché des plans sociaux plus ou moins généreux en vue d'adoucir les retombées humaines des restructurations industrielles. Un filet social de plus en plus contesté, supplée aux carences de l'économie de marché. A force de faire payer les pots cassés des transformations économiques aux assurances sociales, l'Etat social s'essouffle!

Alors que faire ? S'opposer aux mutations économiques, freiner les restructurations industrielles, contester la mondialisation ou ne rien faire? Il faut sans doute garder un esprit critique face à la mondialisation, mais toute opposition aux mutations industrielles ne peut que conduire dans une impasse ! Avant 1990, la Poste avait refusé toute informatisation; le résultat ne s'est pas fait attendre ! Inutile d'épiloguer !

Pour ma part, je suis partisan d'une véritable politique industrielle qui accompagne les changements économiques, offre à chacune et chacun la chance de s'adapter aux mutations et donne aux régions l'opportunité de développer leurs potentiels. C'est la raison pour laquelle avec des collègues, nous demandons à la Confédération d'élaborer les bases juridiques pour créer un fonds d'adaptation temporaire des structures économiques, qui permette d'amortir les conséquences négatives des projets de réformes à moyen et long termes. Ce fonds pourrait servir à financer des projets par exemple dans les domaines des Hautes Ecoles, de l'agriculture, de l'industrie, de l'énergie et des transports publics. L'alimentation de ce fonds pourrait se faire par des recettes extraordinaires, notamment celles tirées de la vente d'actions de Swisscom sans pour cela devoir privatiser cette entreprise. En 2005, la Confédération a vendu pour 1,35 milliard de francs d'actions. Elle possède toujours 62,45% du capital-actions ; la loi l'oblige à garder la majorité soit 50% plus une action. La marge est encore grande. Alors plutôt que de gargariser l'opinion publique avec son projet de privatisation qui conduirait inexorablement à la vente à l'étranger d'un patrimoine industriel, la Confédération ferait mieux de faire preuve d'innovation et de créativité ! Par ailleurs, les cantons qui ont généreusement encaissé les surplus de la Banque Nationale pourraient en faire de même ! L'économie de marché implique des mutations industrielles mais pas à n'importe quel prix !

Jean-Noël Rey - Conseiller national - 11 janvier 2006

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