A mon initiative, le groupe socialiste de l'Assemblée fédérale demande une session extraordinaire du Conseil national consacrée au réchauffement climatique. Après la parution des rapports Stern du nom de l'économiste mandaté par le premier ministre Blair et de celui des experts scientifiques de l'ONU, il n'y a plus de doute possible, l'activité humaine est largement responsable du réchauffement climatique (de 1,8 à 6,4 degrés d'ici à 2100).. Le temps des palabres est donc derrière nous, il faut agir. Et cela non seulement au niveau international par l'instauration d'une taxe sur les émissions de CO2, mais aussi au niveau de notre pays en adoptant des mesures urgentes. C'est la raison de cette session extraordinaire des Chambres fédérales dont l'objectif devrait être de « protéger le climat par l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables ». C'est pour sauvegarder notre prospérité et maintenir notre qualité de vie que nous devons agir sans tarder. Il ne s'agit pas de tomber dans le piège de l'action précipitée, mais enfin d'agir dans la sérénité et la responsabilité et de décider les mesures urgentes tout en plaçant les jalons d'une transformation écologique de l'économie. Le PSS demande entre autres, de déclarer obligatoire le standard Minergie pour les nouvelles constructions, d'instaurer une haute surveillance de la Confédération sur la mise en oeuvre des normes énergétiques pour les bâtiments, de favoriser les voitures à moteur hybride, d'améliorer l'interconnexion de la Suisse au réseau européen par des lignes à haute tension souterraines à courant continu, d'adopter un programme d'assainissement des appareils électriques et des chauffages électriques à résistance...Par ailleurs, le nouveau programme économique du PSS, adopté en juin 2006, contient de nombreuses propositions pour allier croissance économique et transformation écologique dans le respect du développement durable. « Pour une économie sociale et écologique » était sans doute en avance sur la prise de conscience du phénomène climatique par la population suisse. Aujourd'hui, ce programme s'inscrit parfaitement dans les nécessités du moment. « Les années de faible croissance ont posé de nombreux problèmes à la Suisse : chômage, financement des assurances sociales, intégration insuffisante des femmes à la vie professionnelle. Elles ont également freiné la transformation écologique de l'économie » peut-on y lire. En effet, une politique de croissance doit aller de pair avec des progrès dans le domaine de la protection de l'environnement et surtout des efforts supplémentaires doivent accomplis pour découpler la croissance économique de celle de l'énergie. Les outils techniques existent, notamment dans le domaine de l'énergie pour augmenter l'efficacité énergétique (processus de production, rénovations, isolation) Nous avons besoin d'appareils électriques plus performants moins gourmands en énergie ! De plus, il s'agit de promouvoir massivement les énergies renouvelables, de développer des programmes de recherche en la matière et d'investir dans des projets industriels de type éolienne, chez nous comme à l'étranger. Ne nous laissons pas piéger par une discussion énergétique qui relève d'une mentalité de type réduit national, alors que l'approvisionnement en énergie ne peut se concevoir en autarcie mais au niveau européen. Nous n'avons pas besoin de plus d'énergie atomique mais de plus d'efficacité énergétique et d'énergie renouvelable. Le Valais, tout spécialement, a une carte à jouer avec ses forces hydrauliques qui constituent l'une de ses rares richesses. L'Etat devrait en prendre le leadership. La richesse de l'eau passe par la sauvegarde de nos glaciers qui souffre du réchauffement climatique.
Jean-Noël Rey, conseiller national, 30 juin 2007
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