1. J'ai le plaisir et l'honneur de vous présenter le nouveau programme économique du PSS qui définit les lignes directrices pour les dix prochaines années. Il s'appuie sur les acquis du concept économique des années 1994 à 2005.
Il est le résultat d'un long processus à l'intérieur du parti et d'une large concertation qui a mobilisé pendant une année plus de 100 militants. La discussion sur le programme économique s'est poursuivie dans les sections du parti et au sein des partis cantonaux. Le groupe de pilotage sous la responsabilité de Susanne et de moi-même avec l'appui de Renate, de Beat, et des deux Matthias a encadré le processus, proposé les objectifs sous chapitre A, animé les colloques sur l'environnement et l'économie des genres. L'élaboration des chapitres a été placée sous la responsabilité des camarades en charge des commissions du parti qui ont travaillé avec un petit groupe de travail. Merci tout particulièrement à nos assistants Strubi et Stéphane qui ont su apporter les appuis nécessaires au bon déroulement des travaux.
Ce projet de programme est vraiment une oeuvre collective et participative.
Merci à toutes les militantes et tous les militants qui ont activement contribué au projet économique : le critiquant, l'améliorant, le complétant. Ce fut un grand moment dans la vie du PSS.
2. Certes, le projet de programme est volumineux, mais il est complet. Il ne se limite pas aux thèmes classiques de l'économie. Il a une ambition plus grande. Celle de placer l'individu au centre des préoccupations. Celle de poser le problème des conditions d'un bien-être pour l'ensemble de la population.
Les objectifs de la politique économique du PSS, même s'il s'agit d'un programme à moyen terme, se basent sur les valeurs de toujours du socialisme.
La politique économique du PSS se fonde sur les valeurs de
Le PS mène une politique économique basée sur la justice et la solidarité qui prône le changement social et qui permet à la majorité des personnes de profiter du progrès social. Le PS s'engage en faveur d'une politique économique qui donne davantage de pois au pôle écologique et à l'état social. Une politique économique qui ne considère pas l'état et l'économie comme des antagonistes mais au contraire comme des partenaires.
3. Le capitalisme divise, l'économie néo-libérale oppose les générations entre elles, les pauvres contres les riches, les nations développées contre celles en développement.
Les tendances prédatrice et inégalitaire du capitalisme se sont accrues. Sous la pression de la libéralisation des marchés financiers internationaux, la pure logique financière à court terme, celle de la rentabilité du capital, le share holder value, a cédé la place à la logique d'entrepreneur, celle qui crée de la valeur et des emplois.
Le capitalisme des managers nous a conduit aux excès salariaux pour les nantis.
Le capitalisme mondialisé a brisé la logique de la chaine de création des valeurs. L'exemple d'Alcan Valais en est une parfaite illustration. Autrefois, la chaine de création de valeurs dans la production de l'aluminium était parfaitement maîtrisée par l'entreprise valaisanne. Aujourd'hui cette chaîne a été fragmentée au gré des rentabilités du capital obtenu sur les différents marchés financiers.
La 1ère leçon à tirer de cette évolution réside dans la dépendance accrue du capitalisme à l'égard des marchés financiers, source de grande volatilité et de déséquilibres.
Les néo-libéraux ont répondu à ce défi par le moins d'Etat. Le traitement de la crise par la réduction du rôle de l'Etat a aussi gagné la Suisse. Le résultat est désastreux : - la Suisse manque de dynamisme économique - la Suisse des salariés manque de pouvoir d'achat.
C'est l'économie qui a failli, pourtant on s'en prend à l'Etat !
Ce faux diagnostic a conduit à un mauvais traitement fait de recettes néo-libérales qui ont largement échoué. C'est la 2ème leçon.
Le capitalisme financier a modifié les rapports de force en présence :
Alors qu'il aurait fallut maîtriser et accompagner les changements majeurs de la société au moyen de programmes sociaux et économiques, aider les salariés à s'adapter, soutenir les plus faibles, le tout au marché a semé les germes de nouvelles inégalités.
La 3ème leçon qu'il faut tirer des échecs constatés du marché se trouve dans une réponse en termes de nouvelle politique économique qui réconcilie le marché et l'Etat. Il faut faire de l'Etat un incitateur et un facilitateur ! Les pays nordiques parviennent à conjuguer croissance économique et protection sociale dans le respect de l'environnement, il n'y a aucune raison que la Suisse n'y parvienne pas. Notre projet de programme démontre le chemin à suivre. .
4. Pour nous, la question principale est le maintien d'une économie dont le but est le plein emploi.
L'Etat en tant que régulateur politique, économique et social et garant de l'intérêt général, a un rôle éminent à jouer dans la définition et la mise en oeuvre de cette politique. L'action publique doit veiller à corriger les lacunes du marché qui ne tient pas compte ni de l'environnement ni du social.
L'enjeu de la nouvelle politique économique : augmenter de façon significative la croissance durable pour viser le plein emploi et faire reculer la fragilité sociale qu'induit le chômage et la précarité du travail, tout en respectant l'environnement et en utilisant avec parcimonie les ressources naturelles.
5. En prenant l'objectif du plein emploi comme objectif central, nous renversons la logique néo-libérale qui fixe la rentabilité du capital au centre des préoccupations. Nous plaçons l'individu au centre de l'économie.
Cette approche implique de considérer les trois dimensions : l'économie, le social et l'écologie sur un même pied d'égalité dans une perspective de développement durable.
6. C'est notre réponse à une globalisation effrénée. Il est impératif pour le PS de mieux se positionner dans ce débat et de formuler des propositions pour y faire face. La maîtrise de la mondialisation passe par de nouvelles régulations politiques, économiques et sociales et cela aussi bien au niveau mondial, européen que national et local.
En résumé, une politique économique de gauche doit intervenir au coeur de l'économie, au coeur du moteur là où se forme la valeur, en y insérant ce qu'aucun intervenant du marché ne saurait y mettre : une vision à long terme et une capacité de mutualisation des risques au service de l'emploi, de la création de richesses, de l'environnement et du bien-être commun.
7. Notre projet de programme économique est pragmatique mais pas dépourvu de vision.
Notre vision est celle de la démocratie économique.
Les actionnaires et les capitaines d'industrie s'approprient la gestion de l'économie.
Réclamer une bonne gouvernance n'est pas suffisant.
Il faut se réapproprier le thème de la participation des travailleuses et travailleurs aux décisions dans les entreprises. Ne pas limiter l'action des syndicats à la négociation de plans sociaux, mais redonner aux salariés le pouvoir de leurs ambitions pour assurer la pérennité des emplois.
8. Dans ce programme nous développons les conditions qui favorisent les transformations socio-économiques sans négliger les besoins de la population ni le rôle régulateur et stabilisateur de l'Etat.
Le PSS à une mission sociale : assurer la sécurité sociale et son financement
Le PSS à une mission écologique : protéger la planète contre les excès d'une exploitation inconsidérée des ressources naturelles.
Le PSS a une mission économique : garantir le plein emploi, créer les conditions pour que les richesses économiques servent le bien-être de l'ensemble de la population, faire tourner les entreprises en assurant la justice sociale et fiscale.
Une économie au service des femmes et des hommes.
Une économie forte pour un Etat fort.
Une économie forte pour l'emploi
Jean-Noël Rey, conseiller national, 24 juin 2006
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