Jean-Noël Rey

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L'Etat piégé

L'économie mondiale traverse une grave et profonde crise, alimentée par une perte de confiance due aux scandales des bilans manipulés et des rémunérations exorbitantes de certains managers, par un sur-investissement dans la nouvelle économie et par un manque de pouvoir d'achat qui fait chuter la consommation. Un des effets les plus négatifs d'une mondialisation débridée, est sans doute celui d'avoir poussé la logique de la réduction de coûts à l'excès, ruinant des pans industriels entiers et appauvrissant la classe moyenne.

Dans ces moments délicats où à l'ombre de la récession rôde, la plupart des Etats s'annoncent aux abonnés absents et refusent tout plan de relance économique au nom du dogme de l'endettement qu'ils ont laissé filé sans raison, en phase de croissance économique. Les uns européens, invoquent le pacte de stabilité pour rester sur la défensive, les autres, suisses et valaisan en particulier, plaident le frein aux dépenses inscrit dans les constitutions pour justifier l'inaction. Le Valais pousse même le souci d'annoncer une diminution des investissements publics ! L'économie ne concernerait plus les Etats !

On pourrait croire que les Etats on tellement bien appris la leçon néo-libérale des années nonante qu'ils sont aujourd'hui tétanisés, piégés par leur propre politique budgétaire et les garde-fous qu'ils se sont infligés.

En Valais, s'il est réjouissant pour l'Etat d'enregistrer un résultat financier 2002 positif et d'annoncer une augmentation des rentrées fiscales pour 2003 due au passage à la taxation annuelle mais aussi à la manne fiscale fédérale qui s'accroît, il est désolant pour la population et l'économie de constater le peu de cas que fait l'Etat , de la situation conjoncturelle alarmante et du pois de la fiscalité pour les familles. Les familles valaisannes, surtout celles de conditions modestes et la classe moyenne ont besoin de pouvoir d'achat supplémentaire ; l'économie valaisanne dont le tourisme forme l'épine dorsale qu'on le veuille ou non, a besoin de moyens pour investir. Dans ces conditions, des pouvoirs publics économiquement conscients des risques de récession, devraient proposer sans tarder une réduction d'impôts pour les familles afin de dégager du pouvoir d'achat, d'une part et un programme d'impulsion pour le tourisme afin de moderniser les remontées mécaniques, d'améliorer l'infrastructure sportive et d'intensifier l'effort de marketing et de formation du personnel, d'autre part.

Certes, il ne faut pas tout attendre des pouvoirs publics. Mais on peut leur demander au moins, de collaborer avec le privé pour relancer la machine économique grippée. La ville de Zurich qui favorise la transformation de la zone industrielle Nord en zone mixte d'habitat et de services, et crée ainsi un cadre dynamique, propice aux investissements privés montre la voie qu'il faut suivre. Un vrai modèle de coopération privé-public est en gestation sur les bords de la Limmat. On pourrait utilement s'en inspirer.

Jean-Noël Rey, conseiller national, 30 mars 2003

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