Jean-Noël Rey

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CAMPAGNE

Pour une économie sociale et écologique

Les grands défis du capitalisme financier

Les grands défis de notre époque peuvent être résumés ainsi :
• Mondialisation et concurrence accrue
• Capitalisme financier
• Accélération des changements socio-économiques
• Instabilité des systèmes économiques et politiques au niveau mondial.

De son côté, les caractéristiques connues du capitalisme demeurent :
• une production de richesses au détriment des ressources naturelles
• une production de richesse au détriment de la justice sociale
• une tendance à la concentration des détenteurs du capital et du pouvoir économique
• une accentuation des inégalités entre les pays industriels et les pays en voie de développement et à l'intérieur des pays industriels
• des cycles économiques de moins en moins maîtrisables
• un endettement accru sans plein emploi.

Ces tendances prédatrices et inégalitaires du capitalisme se sont accrues au cours de ces dernières décennies. De plus le capitalisme aujourd'hui a changé de visage et connaît des changements majeurs :
a) le capitalisme financier : le cycle de la finance domine le cycle économique. La convergence nécessaire entre logique financière et logique industrielle a cédé la place au seul objectif à court terme de la rentabilité du capital, le share holder value, sous la pression de la libéralisation mondiale des marchés financiers. Cette pure logique financière pousse à l'excès. L'entreprise, conçue comme exprimant un intérêt social qui transcende les intérêts particuliers et souvent divergents des salariés, des fournisseurs, des clients, des prêteurs et des actionnaires s'est transformée en outil au service des seuls propriétaires du capital dont le jeu est bien d'obtenir une croissance forte des capitalisations boursières des entreprises.
b) le capitalisme des managers ; dans les multinationales, le capitalisme moderne a renversé les rôles, donnant aux managers hors de prix de plus en plus d'emprise sur la marche des affaires, reléguant l'actionnaire au rang de récipiendaires des dividendes et des gains en capitaux. Ce système a gagné la Suisse.
c) le capitalisme mondialisé ; la mondialisation accélérée de l'économie a brisé la logique de la chaîne de création de valeurs. L'exemple d'Alcan Valais en est une parfaite illustration. Autrefois, la chaîne de création de valeurs dans la production de l'aluminium était parfaitement maîtrisée par l'entreprise valaisanne. Aujourd'hui, cette chaîne a été fragmentée au gré des rentabilités du capital obtenues sur les différents marchés financiers. De plus, la mondialisation des marchés n'a pas effacé, par enchantement, les lacunes du marché qui créent autant de richesses que d'inégalités. Par ailleurs la mondialisation des marchés financiers a accru la pression sur la flexibilisation du marché du travail.

Ces changements majeurs du capitalisme mondialisé modifient profondément le fonctionnement de notre société en créant de nouvelles sources d'inégalité : • Le passage d'une société industrielle à une société de service bouleverse l'ordre établi, modifie les structures économiques, change les compétences requises et expose les salarié-e-s à de nouveaux risques. • La fixation des représentants des actionnaires sur la seule rentabilité du capital complique le développement économique. • Désormais, les marchés financiers dominent l'économie réelle. • Ce mode de développement économique réduit le pouvoir de régulation des états nationaux. • La mondialisation entraîne un accroissement de volatilité sur les places financières, encourage l'implantation des unités productives dans les régions du monde à bas salaires, entrave les investissements souhaitables et favorise les concentrations.

La première leçon à tirer de cette évolution réside dans la dépendance accrue du capitalisme à l'égard des marchés financiers internationaux, source de plus grande volatilité et de déséquilibre du développement économique.

2. Faux diagnostics

La Suisse comme tous les autres pays industrialisés, a subi l'une des crises économiques les plus profondes et les plus longues de l'histoire moderne. Celle-ci a succédé aux années folles du capitalisme débridé des années nonante. L'exemple américain met à nu les réalités de cette folle croissance qui se résument en des comptabilités truquées, l'effondrement d'empires bâtis sur le sable, l'alignement des autorités monétaires sur les seuls besoins égoïstes des marchés financiers, la dérégulation incontrôlée de pans entiers de l'économie dans le seul but d'augmenter les profits au détriment de l'intérêt général, la constitution de colossales fortunes puisées dans les caisses des entreprises et la mondialisation des marchés poussant à la délocalisation industrielle et à la multiplication des crises financières en Asie et en Amérique latine. Sous les coups de boutoir de ce capitalisme fou du tout au marché, les digues de l'économie régulée ont fini par céder. Le tout se terminant dans un fantastique krach boursier ! Le traitement de la crise par la réduction du rôle de l'Etat au moyen de programmes d'économies et de réductions d'impôts a conduit l'Amérique à creuser les déficits budgétaires et commerciaux sans véritablement relancer la machine économique qui, aujourd'hui, malgré les espoirs de croissance retrouvée, ne créé plus autant d'emplois qu'autrefois. Rien ne prouve que baisser les impôts stimule la croissance. Rien ne prouve que la réduction des déficits déclenche la reprise ou que les déficits eux-mêmes nuisent à la croissance. Finalement, l'acharnement à vouloir réduire l'Etat cache de plus en plus mal le mauvais traitement de la crise provoquée par un excès de marché. La Suisse a aussi connu ses dérapages boursiers, ses scandales des stock-options et ses empires qui s'effondrent. Les mêmes maux conduisent aux mêmes effets. Le reflux de l'économie a été provoqué par un excès de marchés chez nous comme aux Etats-Unis ; pourtant, c'est à l'Etat qu'on s'en prend. En Suisse comme en Europe, on s'achemine vers le même traitement de choc : des réductions d'impôts et des économies tout azimut. Maintenant on le sait, ce traitement est la conséquence d'un mauvais diagnostic. Veut-on répéter les mêmes erreurs ? Pour nous, la question principale est le maintien d'une économie dont le but doit être le plein emploi. Dès lors des stratégies ne reposant pas uniquement sur l'idéologie du marché mais sur la compréhension des limites du marché et de l'Etat seraient plus à même de donner les impulsions utiles à une prospérité économique durable. La croissance serait plus élevée, le chômage plus bas. La théorie de l'équilibre ou de la coopération fructueuse entre les secteurs publics et privés est non seulement compatible avec les enseignements de la théorie économique moderne mais aussi avec les leçons de l'histoire économique récente. Ces quinze dernières années, la croissance de l'économie suisse a été faible. Pour neuf années de stagnation, nous ne comptons que six années de croissance. La droite réclame moins d'Etat et plus de flexibilité sur le marché du travail. Or, les faits démontrent que des pays comme les pays scandinaves qui enregistrent des quotes-parts élevées de l'Etat, connaissent aussi des taux de croissance élevé, des salaires élevés et un quasi plein emploi. Les néo-libéraux ne préconisent que des réformes du côté de l'offre refusant d'accepter que la faiblesse de la croissance puisse trouver son origine aussi dans une demande atone. La Suisse épargne trop et ne consomme pas assez. La Suisse bancaire a restreint les crédits aux entreprises. La Suisse économique a thésaurisé les gains de productivité. La Suisse des salariés manque de pouvoir d'achat. Les excès du capitalisme signifient le reflux de l'économie. Ce reflux a été provoqué par un excès de marché, chez nous comme au Etats-Unis et pourtant, c'est à l'Etat qu'on s'en prend ! La réforme de l'Etat est sans doute nécessaire, mais le véritable enjeu, c'est l'économie de marché. La Suisse a besoin de réformes fondamentales. La deuxième leçon à tirer est que ce faux diagnostic conduit à un mauvais traitement fait de recettes néo-libérales éculées et qui ont largement échoué. Ce capitalisme financier a profondément modifié les rapports de force en présence : • Les fonctions d'actionnaire et de direction d'entreprise sont aujourd'hui séparées • La richesse boursière est concentrée dans un petit nombre de pays industrialisés • La richesse boursière est concentrée dans une nouvelle classe d'ultra-riches • La classe ouvrière a été marginalisée et la classe moyenne affaiblie • Les organisations de travailleurs ont perdu de leur capacité de résistance • Les états nationaux dissimulent leur impuissance sous le manteau de la neutralité

Alors qu'il aurait fallut maîtriser et accompagner les changements majeurs de la société, aider les salariés à s'adapter aux nouvelles données, soutenir les plus faibles, en d'autres termes humaniser le processus de changement, les forces les plus brutales du capitalisme ont été livrées à elles-mêmes semant les germes de nouvelles inégalités. Le problème n'est donc pas plus d'Etat ou plus de marché, mais le maintien d'une économie dont le but doit être le plein emploi. La troisième leçon qu'il faut tirer des échecs constatés du marché se trouve dans une réponse en terme de nouvelle politique économique. Des réformes fondamentales sont indispensables et possibles pour remettre le capitalisme à sa place, civiliser l'économie et la réconcilier avec la société grâce à une politique économique du plein emploi.

3. Grandes réformes indispensables

Les néo-libéraux ont galvaudés le concept même de réforme en le réduisant en un processus de flexibilisation et de précarisation du travail pour mieux rentabiliser le capital. Nous voulons le réhabiliter en lui donnant un véritable contenu politique. Les réformes sont indispensables et possibles à condition qu'elles favorisent le plein emploi et respectent les travailleuses et les travailleurs en veillant à ce que personne ne reste au bord du chemin de la société. Des réformes fondamentales sont indispensables et possibles pour remettre le capitalisme à sa place, civiliser l'économie et la réconcilier avec la société grâce à une politique économique du plein emploi. L'état en tant que régulateur politique, économique et social et garant de l'intérêt général a un rôle éminent à jouer dans la définition et la mise en oeuvre de cette politique. L'action publique doit veiller à corriger les lacunes du marché qui ne tient pas compte des externalités, créé des inégalités et ne répond qu'aux besoins solvables. Pour ce faire, les pouvoirs publics doivent engager une nouvelle politique économique qui favorise les transformations socio-économiques sans négliger les besoins de la population. De plus, cette politique économique doit favoriser l'innovation et la créativité en favorisant la création de nouvelles passerelles économiques entre les secteurs privé et public.

4. Renouveau de la politique économique et maîtrise de la mondialisation

La Suisse n'a pas besoin de recettes néo-libérales dont on connaît maintenant l'inadéquation et les effets dévastateurs pour les salariés. La Suisse a besoin de véritables réformes fondamentales qui s'appuie sur une nouvelle politique économique qui ne néglige pas le côté de l'offre, mais se préoccupe également du côté de la demande. Une politique économique qui favorise les transformations socio-économiques sans négliger les besoins de la population. L'Etat fixe les conditions cadre d'un développement durable, assure la stabilité politique et garantit les bases sociales de la vie en société.



4.1. L'enjeu de la nouvelle politique économique

Augmenter de façon significative la croissance durable pour viser le plein emploi et faire reculer la fragilité sociale qu'induit le chômage et la précarité du travail, tout en respectant l'environnement et en utilisant avec parcimonie les ressources naturelles. Cet enjeu extraordinaire implique des solutions extraordinaires. La politique économique ne peut se réduire aux fondamentaux macro-économiques que sont la politique budgétaire et la politique monétaire On ne peut plus inlassablement répéter que nous sommes entrés dans une phase nouvelle de la croissance mondiale, fondée sur la connaissance et l'innovation et ne pas en tirer les conclusions. Il ne faut pas se cantonner à la réforme de l'Etat sans doute nécessaire et aux mesures d'économies dont certaines sont possibles. Il faut recourir à d'autres leviers et réinventer la politique industrielle, la sortir des étatismes d'antan pour chercher des appuis dans le privé, pour en faire de véritables leviers de la croissance.

La Suisse a connu les programmes d'impulsions qui ont permis, par exemple, de combler les retards dans l'informatique. Malheureusement, par excès de libéralisme et inféodation de l'Etat aux intérêts privés, la Suisse industrielle a manqué le virage des télécommunications et sacrifié son secteur ferroviaire. Une politique économique moderne comprend un faisceau de mesures à réaliser. Pour réussir la conversion de la société industrielle à la société du savoir et des services mais aussi pour opérer les transformations socio-économiques nécessaires, la Suisse a besoin en priorité d'une solide croissance de la demande, d'investissements publics dans des infrastructures et dans l'éducation ainsi que du renforcement des classes moyennes. L'Etat doit créer des incitations et des allègements ! Les pays nordiques parviennent à conjuguer croissance économique et protection sociale, il n'y a aucune raison que la Suisse n'y parvienne pas.

4.2 L'enjeu des nouvelles régulations

La maîtrise de la mondialisation passe par de nouvelles régulations politique, économique et sociale et cela, aussi bien aux niveaux mondial, européen que national et local. Le capitalisme s'organise en grands cycles de régulation. A des phases organiques au cours desquelles un mode d'organisation de l'économie et de la société domine succèdent des phases critiques, des temps de crise d'où éclosent de nouvelles formes de régulation collective. Cette nouvelle rupture s'est amorcée dés la fin des années septante. Il nous incombe de redéfinir les régulations politique, économique et sociales, en tenant compte des principaux échecs du marché et des évolutions récentes du capitalisme moderne. C'est la raison pour laquelle ce programme économique s'est construit de haut en bas, en partant d'abord d'une analyse du capitalisme mondialisé et de ses enjeux pour ensuite considérer les défis européens et enfin tirer les leçons pour notre pays. La maîtrise de l'économie mondialisée implique de nouvelles régulations mondiales qui impliquent les institutions internationales ; une adhésion de la Suisse à l'Union Européenne permettrait à notre pays, de façonner les régulations nécessaires au plan européens alors que dans notre pays, le PS, dans le respects de ses valeurs de justice, d'égalité, de solidarité et de démocratie, peut veiller à créer les conditions cadre à une politique du plein emploi. En résumé, une politique économique de gauche doit intervenir, dans le respect des mécanismes efficients de l'économie de marché, au coeur du moteur, là où se forme la valeur, en y insérant ce qu'aucun intervenant de marché ne saurait y mettre : une vision de long terme et une capacité de mutualisation des risques, au service de l'emploi, de la création de richesse de l'environnement et du bien-être commun.

5. L'économie - un enjeu crucial

Le PS l'a bien compris en la situant au centre de son projet. Il s'agit maintenant d'en tirer les bonnes conséquences Car pour réduire les inégalités, il ne faut pas seulement se préoccuper de redistribution des richesses, il faut intervenir sur le système productif lui-même et viser le plein emploi. Cette ambition s'inscrit dans la logique historique du socialisme. Si nous disons oui à une économie de marché respectueuse de la justice sociale et de l'environnement, nous savons que le marché n'est pas tout ! La société qui représente l'intérêt général doit en fixer les limites. Dans ce programme, nous développons ainsi les conditions cadres qui favorisent les transformations socio-économiques sans négliger les besoins de la population ; l'Etat fixant les règles d'un développement économique durable, assurant la stabilité politique et garantissant les bases sociales de la vie en société. Les réflexions sur un changement radical de système politico-économique dans l'esprit d'une alternative économique et sociétale fondamentale doivent être menées en liaison avec le débat sur le programme du parti.




Pour une économie sociale et écologique

1. Les objectifs de la politique économique du PS Le PS mène une politique économique basée sur la justice et la solidarité qui prône le changement social et qui permet à la majorité des personnes de profiter du progrès social. Le développement de la productivité doit servir à tout le monde et non pas augmenter le chômage et la pression sur les salaires. Le PS s'engage en faveur d'une politique économique qui donne davantage de poids à la localisation et à l'Etat social, et qui n'érige pas l'Etat et l'économie en antagonistes mais en fait au contraire des partenaires. Le néolibéralisme est un échec économique. Il fabrique une société sur le schéma américain qui compte de nombreux perdants pour quelques rares bénéficiaires. En même temps, il détruit un important potentiel économique. La politique économique du PS est axée sur les besoins de la majorité des personnes qui vivent dans ce pays. Il faut arrêter de pousser de plus en plus de gens vers le seuil de pauvreté. Le travail existant - rémunéré ou non - doit être réparti entre hommes et femmes de manière flexible et équitable. Il le faut pour favoriser une réelle égalité de droits pour les femmes dans la société. La politique économique du PS suit la politique des pays d'Europe du Nord, qui ont admis que l'intégration des personnes sur le marché du travail, la conciliation entre vie professionnelle et vie de famille et l'égalité des chances, sont les atouts de notre avenir. Ils ont démontré qu'avec une politique économique active et une politique de l'emploi flexible, il est possible de concilier un niveau d'emploi élevé avec de bons salaires et une protection sociale élevée. La Suisse doit revenir dans le peloton de tête des pays dotés d'une économie nationale compétitive et fondée sur la connaissance, dans lesquels • la croissance économique est assurée grâce à un développement durable, • on crée davantage d'emplois y compris à haut niveau, • la cohésion sociale et régionale est renforcée. La politique de réforme économique du PS se fonde sur les objectifs suivants : Durabilité : La politique économique doit satisfaire au principe de la durabilité dans ses trois dimensions : Economique, sociale et écologique. Ainsi, la durabilité assure également la solidarité avec les générations futures. Justice : Le PS aspire à une société plus juste. Il faut assurer surtout l'égalité des chances et une répartition juste des revenus et du patrimoine, qui incluent la solidarité avec les plus faibles en Suisse et dans le monde entier. Egalité des sexes : La politique économique du PS se propose de doit faire progresser l'égalité des sexes. Une société qui tolère la discrimination sexuelle ne peut pas être une société juste. Il en est de même pour l'égalité des personnes souffrant d'un handicap. Démocratie : La tradition démocratique de la Suisse ne doit plus s'arrêter aux portes des entreprises. Elle doit y être prolongée. Quand ce n'est pas possible, il faut prendre une influence politico-économique par le biais du droit sociétal. Les salarié-e-s doivent pouvoir influer sur leur entreprise soit directement par la participation, soit indirectement par le droit de vote des actionnaires.

2. Conditions d'une politique économique cohérente du PS

Les propositions économiques du PS doivent être cohérentes. Pour cela, le PS inscrit sa politique de réformes dans le cadre concret suivant :

1. Plein emploi :

Il faut rétablir le plein emploi en Suisse. Plein emploi ne signifie pas que tout le monde doive travailler à plein temps mais que toute personne puisse travailler autant qu'elle souhaite. Le travail n'est pas seulement un moyen de gagner de l'argent mais fait aussi partie de la vie humaine et de la perception de soi de chaque individu. La rémunération d'un emploi à plein temps doit suffire à assurer la subsistance d'une personne et de ses enfants. En effet, le chômage et le sous-emploi (valeur cumulée de 6% en 2005) ne permettent pas d'exploiter les talents humains existants. Le plein emploi est l'une des conditions de l'égalité des chances et de la répartition plus équitable de la prospérité. La politique de plein emploi doit permettre d'intégrer pleinement les femmes dans la vie professionnelle, notamment par le biais de modèles d'emploi flexibles.

2. Transformation écologique :

Les mesures politico-économiques doivent être durables : elles doivent à la fois promouvoir la transformation économique et être socialement acceptables. La Suisse doit retrouver une position de leader international dans l'emploi de technologies économes en ressources. Cela ouvre trois possibilités : générer de la croissance, promouvoir les entreprises technologiques et créer des emplois innovants.

3. Equité dans la répartition des richesses :

Toute politique économique doit viser l'équité dans la répartition des richesses. La stabilité sociale est un avantage décisif du site. Le PS place par conséquent au centre de sa politique, l'augmentation du pouvoir d'achat pour les personnes aux revenus faibles ou moyens, une répartition équitable du patrimoine, une meilleure péréquation régionale, la solidarité entre les générations et les sexes, ainsi qu'une offre de services publics pour tous qui soit judicieuse et efficace. L'augmentation du pouvoir d'achat est un point de départ important pour la politique de la croissance et du plein emploi.

4. Egalité des sexes :

Les disparités entre les sexes (répartition inéquitable du travail, inégalités salariales) engendre une utilisation inefficace du facteur travail et une répartition inégale des revenus et patrimoines entre les sexes. Il en résulte un gaspillage de ressources que nous ne pouvons plus nous permettre. L'égalité des sexes doit avancer rapidement dans tous les domaines de l'économie, en priorité dans les domaines informels.

5. Croissance économique :

La Suisse a besoin d'une croissance économique qui crée des emplois. Lorsque la productivité ne cesse d'augmenter, la croissance est une condition nécessaire, mais pas suffisante du plein emploi. La croissance-zéro ne représente pas une alternative à la croissance, mais un recul lié à un durcissement de la lutte pour la répartition. La croissance doit être structurée de manière à satisfaire les exigences d'un développement durable, donc de manière à être socialement acceptable et à promouvoir la transformation écologique. La croissance économique doit être correctement définie et mesurée à cet effet. Les différents critères de durabilité doivent être pris en compte sous l'angle quantitatif.

6. Utilisation de l'augmentation de la productivité :

Au cours de ces dernières années, le capital a profité d'une part de plus en plus grande de l'augmentation de la productivité. Pour éviter que l'augmentation de la productivité ne fasse augmenter le chômage et exerce une pression plus forte sur les salaires, il faut la mettre à profit pour réduire le temps de travail et augmenter les salaires. Face aux conditions de travail précaires de nombreux salarié-e-s et à la faiblesse persistante de la demande, le PS préconise en priorité des salaires effectifs plus élevés.

7. Instruction et recherche :

Les politiques éducative et de recherche doivent être stimulées. Cela permettra d'inciter les gens à se lancer dans des innovations importantes pour la société et tournées vers l'avenir Une politique technologique moderne dotée d'instruments efficaces comme un fonds d'innovation et d'adaptation structurelle, la coordination de réseaux, la transmission transparente du savoir aux PME et la création de centres de compétences dans des domaines prioritaires tels que le climat, l'énergie, la nanotechnologie et les sciences de la vie s'impose. Seules les aptitudes directement exploitables sur le plan économique sont importantes dans l'instruction. L'encouragement des sciences sociales, de la culture et des arts est tout aussi primordial pour l'avenir. L'être humain doit avoir des perspectives tant dans sa vie économique que dans sa vie culturelle.

8. Mutation structurelle :

La concurrence mondiale entre les sites s'accroît. Les handicaps concurrentiels qui proviennent du secteur intérieur, sont de moins en moins supportables. La pression exercée sur les prix élevés à l'intérieur du pays, en est le reflet. L'attentisme tend à aggraver la situation. La mutation structurelle du secteur intérieur, par exemple au niveau de la préservation des paysages et du tourisme, doit être favorisée et accompagnée. C'est à la politique qu'il appartient de concevoir la mutation nécessaire de manière socialement acceptable et respectueuse des régions.

9. Démocratie dans l'économie :

La contradiction fondamentale entre un état démocratique et un ordre économique autoritaire porte atteinte à la dignité humaine et ne peut durer. En l'absence de justice sociale et de démocratie dans l'économie, la confiance dans la démocratie politique est minée. C'est pourquoi le PS milite pour une économie suisse plus démocratique. Les droits de participation des salarié-e-s doivent être instaurés ou développés dans tous les domaines.

10. Adhésion à l'UE :

La Suisse fait partie de l'Europe. L'UE est le projet central qui a rendu la paix en Europe. Le PS s'engage en faveur de l'adhésion de la Suisse à l'UE. C'est également un objectif économique. La politique économique du PS doit éclairer la manière dont l'adhésion à l'UE peut être organisée économiquement, socialement et écologiquement.

11. Politique économique extérieure solidaire :

Les marchés continuent à s'ouvrir et s'imbriquent de plus en plus ; les échanges commerciaux et les échanges d'idées augmentent tout comme le partage international du travail. L'ouverture et la libéralisation nécessitent de nouveaux règlements internationaux qui détermineront de plus en plus la politique économique nationale. La Suisse doit s'engager en faveur de la régulation des relations économiques internationales à l'aide de garde-fous sociaux et écologiques.

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