Lors du grand débat sur la politique énergétique et climatique, le 21 mars dernier, au Conseil national, je suis intervenu pour souligner plus particulièrement deux points.
Le premier concerne les liens entre la prospérité économique et la politique de l'environnement en général. C'est le contenu.
Dans la perspective du développement durable, l'économie devrait croître sans que la pollution augmente en même temps.
Si un tel découplage a été réalisé dans plusieurs secteurs de l'environnement, il tarde à se concrétiser dans un domaine comme celui de la consommation d'énergie.
Ce découplage est nécessaire si on veut maîtriser le réchauffement climatique. Mais ce découplage n'est pas automatique. Pour ce faire, la Suisse a besoin d'un projet audacieux. Il existe. C'est la société à 2000 Watts dont la concrétisation passe par des mesures spécifiques en matière d'efficacité économique. Le Conseil fédéral doit enfin faire connaître son plan d'actions en la matière. Il l'a annoncé pour la fin de cette année ! Que de temps perdu !
L'autre point qui me préoccupe concerne le rôle des grands groupes énergétiques suisses. Ce sont les conditions-cadre et la régulation du marché qui est jeu. Or, tout laisse à penser que ces groupes dont le capital-actions appartient souvent en majorité aux pouvoirs publics cantonaux et communaux, se comportent en neutron libre de la politique énergétique. Ils orchestrent un scénario de pénurie d'électricité. Ils imposent un modèle d'autarcie électrique. Alors que les mêmes groupes prêchent la libéralisation des marchés et l'ouverture à l'Europe. Or, d'une chose l'une : soit il y a libéralisation et il ne peut y avoir de pénurie sur un marché libéralisé et ouvert car l'approvisionnement s'inscrit dans le cadre européen soit la Suisse fait bande à part et organise la pénurie nationale pour mieux justifier le nucléaire ! En décembre 2006, j'étais déjà intervenu sur le prix de l'électricité en dénonçant l'envol annoncé de ces prix en 2007 et en demandant au Conseil fédéral de soutenir les efforts de Rudolf Strahm, Surveillant aux Prix pour rendre la structure des prix de l'électricité plus transparente et pour contenir la hausse massive qui souvent n'est même pas motivée par les sociétés de distributions d'électricité. J'ai l'impression que certaines sociétés de distribution d'électricité sont plus intéressées à vendre le courant cher qu'à l'économiser ! Il est temps que les autorités politiques dictent la politique dans le domaine de l'énergie et cela dans l'intérêt général et ne cèdent plus aux pressions des sociétés d'électricité. La Suisse a de nombreux atouts de son côté grâce à l'énergie hydraulique. C'est notre richesse qu'il faut valoriser encore plus ! Il faut donc développer les réseaux de transports pour renforcer les capacités de transits. Il faut inscrire l'approvisionnement en électricité du pays dans un contexte européen comme la Suisse le fait d'ailleurs quant elle considère l'ensemble des agents énergétiques ! Pourquoi dés lors ne postuler l'autarcie nationale que pour l'électricité et accepter l'importation massive de pétrole et de gaz ? Cette politique n'est pas équilibrée. Les groupes énergétiques suisses déjà actifs en Europe doivent investir dans les énergies alternatives afin de jouer un rôle important dans les marchés du futur. Le Valais doit jouer en plein sa carte majeure de l'électricité hydraulique. Cela vaut toute politique régionale venant de Berne.
Jean-Noel Rey, conseiller national, 9 juillet 2007
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