Jean-Noël Rey

logo ps

accueil > opinions politiques > Programme économique: Conférence de presse du PSS du 10 avril 2006

OPINIONS

RENOUVEAU DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE ET MAITRISE DE LA MONDIALISATION


Conférence de presse du PSS du 10 avril 2006 sur le programme économique du PSS.
Exposé du conseiller national Jean-Noel REY, co-président du groupe de travail chargé du réexamen et co-président de la commission de l'économie et des finances du PSS.

Les grands défis économiques auxquels nous devons faire face en Suisse comme dans le monde, sont:

Il est impératif pour le PSS de mieux se positionner dans ce débat et de formuler des propositions pour y faire face, car nous touchons aux enjeux cruciaux de nos sociétés.

1. La globalisation va encore s'accentuer sous la pression des marchés financiers internationaux toujours plus dérégulés. La question n'est donc plus de savoir si le PSS est opposé ou non à ce phénomène, mais comment le maîtriser. Si l'intégration de notre économie dans le commerce mondial est un fait acquis et ses bienfaits en termes d'emplois et de pouvoir d'achat pour notre population, incontestés, il n'en demeure pas moins que les risques de délocalisations industrielles, de pressions salariales et d'inégalités dans la répartition des richesses entre les nations, constituent une source de préoccupations pour toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la justice sociale, à l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, au développement durable et à la démocratie. L'ouverture des marchés exigent de nouvelles régulations étatiques pour protéger les travailleuses et les travailleurs ainsi que nos ressources naturelles. La globalisation favorise les échanges et par conséquent les transports en tout genre. Il est indispensable d'internaliser leur coût et ceux causés par les dommages écologiques. La libéralisation à outrance des marchés financiers internationaux nous conduit vers une crise sans précédent si l'architecture internationale n'est pas mieux maîtrisée par des institutions comme le FMI. Il incombe donc à l'Etat de redéfinir les régulations politiques, économiques et sociales en tenant compte des lacunes et des principaux échecs du marché Seul un Etat fort et démocratique, moderne et soucieux de la productivité de ses prestations sera à même de le faire.

Le PSS propose:

2. Notre économie connaît une accélération des transformations structurelles. Il ne faut pas les bloquer mais savoir saisir la chance de ces mutations. Grâce à une offensive de la formation et de la recherche et des mesures sociales et écologiques d'accompagnement, il faut en faire profiter l'ensemble de notre pays et de notre population. Le secteur de l'exportation a toujours été à la pointe des changements structurels, par contre, celui de l'économie domestique à longtemps profité de barrières protectionnistes. Or, les rentes de situation représentent de véritables oreillers de paresse et des bombes sociales à retardement. Elles favorisent des prix surfaits dans notre pays : produits alimentaires, médicaments, services bancaires et des assurances, loyers. Notre économie interne est à la veille de profondes transformations qui auront des répercussions sur le marché du travail et les équilibres régionaux. Des transformations maîtrisées impliquent des investissements dans la formation, l'environnement et le social. Or, en Suisse nous constatons une situation de plus en plus malsaine où les profits des entreprises et les revenus des grands managers explosent au détriment de toute responsabilité sociale et au mépris de l'objectif du plein emploi. Une politique dynamique du marché du travail encadré par des conventions collectives de travail est indispensable. De même, le système scolaire et d'apprentissage doit être en mesure de mieux répondre aux nouveaux défis économiques grâce à la création de nouvelles filières ouvertes et souples et de nouveaux profils de métiers. La formation continue constituera une clef indispensable du succès. Ces transformations structurelles impliquent également des systèmes efficaces de transfert du savoir des Hautes Ecoles vers l'économie afin d'aider l'implantation de nouvelles entreprises. La promotion de l'innovation et de la technologie par une politique étatique adéquate surtout dans le domaine des technologies de l'environnement et des économies d'énergie doit être soutenue. Et cela même dans des domaines économiques prometteurs mais où la rentabilité économique à court terme n'est pas encore assurée. Ces transformations auront de graves conséquences sur le développement harmonieux des régions si aucune mesure de corrections n'est prise. Il faut donc poursuivre la politique régionale mais en lui donnant une dimension d'aide à l'innovation plutôt qu'au maintien des structures en place.

Le PSS propose:

3. Le marché et la concurrence ont besoin de règles pour fonctionner correctement. Si la concurrence constitue la condition indispensable au bon fonctionnement du marché, elle ne suffit pas à assurer aux consommatrices et consommateurs l'accès à des produits et services de qualité et au meilleur prix. Le marché libre a la fâcheuse tendance d'écarter la concurrence au profit de monopoles ou d'oligopoles privés, car la concurrence fait pression sur les marges et les bénéfices. Le marché a donc besoin d'être encadré par des règles et l'Etat doit veiller au bon fonctionnement de la concurrence grâce à des instruments de contrôle efficace. Cela est d'autant plus indispensable que la concurrence est un mécanisme puissant pour assurer une utilisation rationnelle des ressources capital et travail et une répartition efficace des biens et services. Ceci dit, il faut reconnaître que tous les besoins de la population ne sont pas solvables et par conséquent accessible sur un marché. Dés lors, l'Etat intervient là où la concurrence ne peut fonctionner pour instaurer des services publics qui souvent aussi relèvent d'un monopole naturel (réseau national de transport de l'électricité). En démocratie, le champ du service public est déterminé par la volonté des citoyennes et citoyens.

Le PSS propose:

En résumé, une nouvelle politique économique du PSS doit intervenir, dans le respect des mécanismes efficients de l'économie de marché, au coeur du moteur, là où se forme la valeur, en y insérant ce qu'aucun intervenant du marché ne saurait y mettre : une vision à long terme, au service du plein emploi, respectueuse de l'environnement et du social et de la solidarité.

10 avril 2006

©2006 | jn.rey@bluewin.ch | 1958 St-Léonard | tél: +41 (0)27 203 92 10 | fax: +41 (0)27 203 92 12