8 septembre 2006
Je soutiens les référendums contre les projets de lois sur les étrangers et sur l'asile car ces projets jettent de la poudre aux yeux du peuple en lui faisant croire que les problèmes seront résolus. Ces projets de lois qui visent à contrer les abus, érigent les exceptions en règle et ouvrent la voie à l'arbitraire et à des dérapages contraire aux droits fondamentaux.
Ces deux lois ne répondent pas aux deux questions essentielles qui se posent à la Suisse. Soit la question des « sans papiers » qui travaillent chez nous sans statut et constituent une armée de prolétaires taillables et corvéables à merci. Ils constituent une armée de réserve pour de nombreuses branches économiques et exercent une pression salariale insupportable. A quoi bon des règles pour réguler la main-d'oeuvre venant des nouveaux pays membres de l'union européenne si nous tolérons des travailleuses et travailleurs sans statut, issus d'autres régions du monde.
De plus, les deux lois ne répondent pas à la question de la migration des populations. Comme l'a écrit le professeur Etienne Piguet de l'université de Neuchâtel : une première erreur est de penser qu'il existerait d'une part des vrais réfugiés et de l'autre des migrants économiques sans besoin de protection. Certes, il faut régler par la loi les conditions d'acquisition du droit d'asile. Mais il faut également poser la question des migrations nécessaires dans un pays dont le vieillissement de la population est à l'ordre du jour. La Suisse a besoin d'un débat ouvert et courageux sur les flux migratoires. Jusqu'à aujourd'hui elle l'a évité. Il faut donc dire non à ces projets de lois pour forcer la Suisse à se pencher sur ces véritables problèmes.
Jean-Noël REY, conseiller national
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