Jean-Noël Rey

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OPINIONS

NON à LA 5e REVISION DE L'AI - SANS ASSAINISSEMENT FINANCIER

Notre assurance invalidité (AI) répond aux besoins de toute personne pouvant être atteinte d'un handicap, la rendant tributaire d'une rente compensatoire pour faire face aux aléas de la vie. En 2005 (dernière statistique disponible), l'assurance comptait 470.000 bénéficiaires de prestations (270.000 hommes et 200.000 femmes) dont 40.000 résidaient à l'étranger. Cette années-là, les dépenses de l'AI ont atteint presque 11,6 mia de francs. Le montant minimal pour une rente entière de l'AI est de 1105 francs par mois et de 2200 francs au maximum. On est donc loin des ragots de certains !

Le problème se situe au niveau des recettes (9,8 mia) qui n'évoluent pas au même rythme. D'une part, cette effet de ciseau s'explique par le système de financement qui lie les contributions des pouvoirs publics à l'évolution des dépenses alors que les cotisations des assurés et des employeurs ne le sont pas, D'autre part, la crise économique des années nonante et les restructurations industrielles qui ont suivi, ont plongé l'AI dans les chiffres rouges en provoquant notamment une augmentation massive des rentiers AI. Prés du tiers des rentiers ont plus de 50 ans. A la veille de la retraite environ 20% des hommes perçoivent une rente AI. 40% des rentes sont accordées pour des handicaps de type psychique : la maladie du siècle ! L'économie porte donc sa responsabilité si l'AI traine une dette de plus de 10 mia. à ce jour.



Face à cette situation que proposent le Conseil fédéral et la majorité du Parlement fédéral ?

Aucune mesure pour assainir la dette et combler les lacunes de recettes.

La promesse des partis du centre droit de soutenir une augmentation de la TVA de 0,7%, limitée dans le temps a volé en éclat lors de la session de mars du Parlement sous prétexte de faire la leçon aux socialistes. Cela sur le dos des personnes en situation d'handicap force est de le constater ! Le peuple en a mare de cette politique politicienne et irresponsable !

Que reste-t-il alors ?

Une 5ème révision de l'AI qui succède à la 4ème mise en vigueur en janvier 2004 sans que l'on sache si les mesures de réadaptations professionnelles ont porté les fruits escomptés ! Une révision qui prose pour l'essentiel, d'économiser 500 mio de francs sur le dos des personnes handicapées par les suppressions des rentes complémentaires pour conjoint, des adaptations de rente pour les invalides avant 45 ans, de la garantie minimale pour les faibles revenus...

Une révision qui certes veut investir dans l'intégration professionnelle sans pour autant accorder de véritables incitations aux employeurs à engager des personnes handicapées mais en durcissant l'accès aux rentes. Une révision qui vise à redéfinir la notion même d'invalidité pour mieux limiter le droit à la rente des personnes en situation d'handicap psychique. La loi renforce l'obligation de collaborer par des mesures contraignantes et des sanctions visant les seuls assurés sans aucune protection contre les licenciements et avec l'obligation d'accepter toutes les mesures ou les emplois proposés. Par ailleurs, les mesures de détection précoce peuvent porter atteinte à la confidentialité et au secret médical.

Ce démantèlement n'est pas acceptable. Pas plus que les propositions de l'UDC de réduire de 30% à 40% les rentes AI ! Pour le Valais qui enregistre un taux de rentiers supérieur à la moyenne suisse, une telle réforme va à l'encontre de ses intérêts. Il faut donc dire non le 17 juin prochain à une révision unilatérale afin que les autorités fédérales mettent sur pied un projet plus équilibré.

Jean-Noel REY conseiller national

24 avril 2007

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